Des nouvelles de Pascale Jeanne Morisseau

Pascale Jeanne Morisseau
Chanteuse-Auteur-Compositrice

"Ceci est mon journal de peau, les pensées, les images, les mots.. qui me parlent au coeur et dans l'instant, que je lance à mon amour univers. Pour accéder à mon site général, et plus formel, où figurent en permanence des mp3, photos, vidéos, bio etc, cliquez ici : www.pascalejeannemorisseau.com
Jeanne Morisseau

Apr 19
Mon poème Dubiak, rossignol !, ainsi que Le conte de Carnaël ont être adaptés sur France MUSIQUE par Véronique SAUGER (conteuse) et mis en musique par Laurent de WILDE (piano).
Réécoutez l’émission Contes du jour et de la nuit en cliquant sur les liens suivants :- 1ère partie- 2ème partie- 3ème partie
Les fichiers sont lisibles avec Real Player !Vous pouvez télécharger Realplayer en cliquant sur ce lien.

Mon poème Dubiak, rossignol !, ainsi que Le conte de Carnaël ont être adaptés sur France MUSIQUE par Véronique SAUGER (conteuse) et mis en musique par Laurent de WILDE (piano).

Réécoutez l’émission Contes du jour et de la nuit en cliquant sur les liens suivants :
- 1ère partie
- 2ème partie
- 3ème partie

Les fichiers sont lisibles avec Real Player !
Vous pouvez télécharger Realplayer en cliquant sur ce lien.


Apr 16
L’ami photographe
Visitez son nouveau site : www.fredericpollet.com
Photographie : JM

L’ami photographe

Visitez son nouveau site : www.fredericpollet.com

Photographie : JM


Mar 21
Marion et moi.

Marion et moi.


Mar 15
Dubiak et Carnaël
Mon poème “Dubiak, rossignol !”, ainsi que “Le conte de Carnaël” vont être adaptés, ensemble, sur France MUSIQUE, par Véronique SAUGER (conteuse) et mis en musique par Laurent de WILDE (piano).Cette création sera diffusée les 13-14-15 avril prochain, dans le créneau horaire de l’émission Conte du jour et de la nuit, de 16h55 à 17h00 (91.7).Photographie : Laurent de WILDE et Véronique SAUGER.

Dubiak et Carnaël

Mon poème “Dubiak, rossignol !”, ainsi que “Le conte de Carnaël” vont être adaptés, ensemble, sur France MUSIQUE, par Véronique SAUGER (conteuse) et mis en musique par Laurent de WILDE (piano).
Cette création sera diffusée les 13-14-15 avril prochain, dans le créneau horaire de l’émission Conte du jour et de la nuit, de 16h55 à 17h00 (91.7).

Photographie : Laurent de WILDE et Véronique SAUGER.


Feb 26
X Y Z
Par Jeanne MorisseauParis, le jeudi 26 février 2009
Souvent, ils se retrouvaient là, sur ce banc, dans le parc. Ils étaient trois. Ca fonctionnait comme ça. Trois à se retrouver là, sur ce banc, dans le parc, à trois heures. Ils aimaient voir les gens, les deviner, leur donnaient des prénoms, leur inventaient des vies. Souvent, à eux trois, ils combinaient des histoires loufoques. Les passants se retournaient pour les voir. C’est si extraordinaire un rire qui claque au loin. Eux avaient pris le pli. C’était devenu routine, et, chaque fois, les rires s’amplifiaient qui les chargeaient d’espoir. Un peu plus, chaque jour, ils s’approchaient du ciel, frayaient avec les anges gouailleurs et mutins. Ainsi, « s’avachir » se changeait en « ça va chier !», et la petite mère boulotte, en bimbo sensuelle aux charmes dévastateurs. C’était leur façon d’arranger le monde. Tout s’animait au gré de leur imagination débordante. Le rire était devenu la joie. Cette joie, incompressible, ne semblait plus vouloir les quitter. Un jour, pourtant, l’un d’eux vint à manquer. Ils regardèrent cette place laissée vacante sans comprendre. Il duo semblait inquiet. Qu’était-il arrivé au troisième ? Il n’y eut pas de joie cette fois-là. Les regards des deux étaient mornes. L’esprit de joie avait déserté. Dépendait-il de la présence de Z ? Ils parlèrent de ce sujet grave : la disparition. Leurs traits étaient tirés, leur voix, éteinte. Le lendemain, X se retrouva seul, car Y ne vint pas. Il attendit fébrilement que quatre heures sonnent à l’église du village, et se mit à sangloter sur ses amis perdus. S’il avait su où ils habitaient, peut-être aurait-il pu leur rendre visite, mais il ne savait rien d’eux. Le hasard seul les avait fait se rencontrer. Il décida qu’avec un peu de foi, la vie les ferait se revoir à nouveau. Le rire lui manquait, et les rides de l’absence lui noircissaient le visage. Chaque jour, il revint à leur endroit, mais, quand quatre heures sonnaient, il allait à l’église prier pour la réunion de ses amis, brûler un cierge pour les faire revenir. Cela dura longtemps, mais, un jour de printemps, le banc où les trois avaient l’habitude de revenir fut pris d’assaut par une famille particulièrement bruyante et envahissante. X, même s’il n’aimait pas cette idée, dut se mettre en quête d’un nouvel endroit. C’est drôle, songea-t-il, je ne connais rien de ce parc. J’avais l’habitude d’aller là, et, le reste, j’ignore tout à fait de quoi il fait. Il marcha une bonne demi-heure, contournant le grand bassin, et, soudain, à cette vue, son cœur implosa d’une nouvelle joie car Y et Z, ses deux amis, étaient là à l’attendre, des coupettes de Champagne à la main, et lui lancèrent en même temps d’un ton goguenard : « Ben dis-donc, t’en as mis un temps avant d’arriver jusqu’ici ! ». Z ajouta : « Y a été plus rapide que toi. Tu n’avais pas envie de découvrir la vie ? Notre rire te suffisait ? Ne t’a-t-il pas donné envie de découvrir le monde ? ». X, un peu rouge de honte, s’assit entre Y et Z, prit un coupe de Champagne et, trinquant avec ces deux amis retrouvés, émit, très solennel, ce souhait : « Que tous les amis du monde ne soient jamais séparés ! Que l’esprit de joie leur donne des ailes à tous pour découvrir ensemble et séparément le monde ! Sachez, cependant, que dans mes prières, nous étions ensemble et soudés, et rien ne venait jamais nous défaire. Mais, voir votre visage, plonger dans vos yeux, écouter le son de votre voix, vous toucher l’épaule ou votre bras, de même que me farcir vos blagues nulles… Ca, vraiment, aucune église n’a jamais su l’incarner. Et comme je suis heureux de vous revoir aujourd’hui ! Car, que pouvait bien faire X sans Y ou Z ? ».Photographie : Daniel Aveline et PJM

X Y Z

Par Jeanne Morisseau
Paris, le jeudi 26 février 2009

Souvent, ils se retrouvaient là, sur ce banc, dans le parc. Ils étaient trois. Ca fonctionnait comme ça. Trois à se retrouver là, sur ce banc, dans le parc, à trois heures. Ils aimaient voir les gens, les deviner, leur donnaient des prénoms, leur inventaient des vies. Souvent, à eux trois, ils combinaient des histoires loufoques. Les passants se retournaient pour les voir. C’est si extraordinaire un rire qui claque au loin. Eux avaient pris le pli. C’était devenu routine, et, chaque fois, les rires s’amplifiaient qui les chargeaient d’espoir. Un peu plus, chaque jour, ils s’approchaient du ciel, frayaient avec les anges gouailleurs et mutins. Ainsi, « s’avachir » se changeait en « ça va chier !», et la petite mère boulotte, en bimbo sensuelle aux charmes dévastateurs. C’était leur façon d’arranger le monde. Tout s’animait au gré de leur imagination débordante. Le rire était devenu la joie. Cette joie, incompressible, ne semblait plus vouloir les quitter. Un jour, pourtant, l’un d’eux vint à manquer. Ils regardèrent cette place laissée vacante sans comprendre. Il duo semblait inquiet. Qu’était-il arrivé au troisième ? Il n’y eut pas de joie cette fois-là. Les regards des deux étaient mornes. L’esprit de joie avait déserté. Dépendait-il de la présence de Z ? Ils parlèrent de ce sujet grave : la disparition. Leurs traits étaient tirés, leur voix, éteinte. Le lendemain, X se retrouva seul, car Y ne vint pas. Il attendit fébrilement que quatre heures sonnent à l’église du village, et se mit à sangloter sur ses amis perdus. S’il avait su où ils habitaient, peut-être aurait-il pu leur rendre visite, mais il ne savait rien d’eux. Le hasard seul les avait fait se rencontrer. Il décida qu’avec un peu de foi, la vie les ferait se revoir à nouveau. Le rire lui manquait, et les rides de l’absence lui noircissaient le visage. Chaque jour, il revint à leur endroit, mais, quand quatre heures sonnaient, il allait à l’église prier pour la réunion de ses amis, brûler un cierge pour les faire revenir. Cela dura longtemps, mais, un jour de printemps, le banc où les trois avaient l’habitude de revenir fut pris d’assaut par une famille particulièrement bruyante et envahissante. X, même s’il n’aimait pas cette idée, dut se mettre en quête d’un nouvel endroit. C’est drôle, songea-t-il, je ne connais rien de ce parc. J’avais l’habitude d’aller là, et, le reste, j’ignore tout à fait de quoi il fait. Il marcha une bonne demi-heure, contournant le grand bassin, et, soudain, à cette vue, son cœur implosa d’une nouvelle joie car Y et Z, ses deux amis, étaient là à l’attendre, des coupettes de Champagne à la main, et lui lancèrent en même temps d’un ton goguenard : « Ben dis-donc, t’en as mis un temps avant d’arriver jusqu’ici ! ». Z ajouta : « Y a été plus rapide que toi. Tu n’avais pas envie de découvrir la vie ? Notre rire te suffisait ? Ne t’a-t-il pas donné envie de découvrir le monde ? ». X, un peu rouge de honte, s’assit entre Y et Z, prit un coupe de Champagne et, trinquant avec ces deux amis retrouvés, émit, très solennel, ce souhait : « Que tous les amis du monde ne soient jamais séparés ! Que l’esprit de joie leur donne des ailes à tous pour découvrir ensemble et séparément le monde ! Sachez, cependant, que dans mes prières, nous étions ensemble et soudés, et rien ne venait jamais nous défaire. Mais, voir votre visage, plonger dans vos yeux, écouter le son de votre voix, vous toucher l’épaule ou votre bras, de même que me farcir vos blagues nulles… Ca, vraiment, aucune église n’a jamais su l’incarner. Et comme je suis heureux de vous revoir aujourd’hui ! Car, que pouvait bien faire X sans Y ou Z ? ».

Photographie : Daniel Aveline et PJM


Feb 20
Jeanne dans ”Le cassé” (ph. Patrick Libéreau/jm)
Chat-Chien-Chaleur-Vie
Par Jeanne Morisseau
Le jeudi 19 février 2009
Sainte Anne, atelier d’ergothérapie de Laurène et Gwenaëlle, Paris
Ce jour-là, il pleuvait des chats et des chiens. Elle se dit que le printemps tardait vraiment à venir. Pourtant, hier, il faisait beau, c’est-à-dire que le ciel était d’un bleu azur, que le soleil inondait la ville et le petit jardin de ses rayons d’or. Un peu de chaleur ! s’était-elle dit. Enfin, oui, de la chaleur s’était répandue. C’était ainsi qu’elle envisageait sa nouvelle vie. Il y aurait de la lumière. Elle se moquerait bien du doute qui mettait des nuages partout. Il y aurait de la chaleur. Cela contrasterait avec la froideur de l’hiver. Il y aurait du bleu, et non plus tous ces gris qui plombaient le moral. Enfin, elle repartirait d’un nouveau pied. Plus rien n’entraverait son élan de vie. Et son amour Fou ? Elle l’oublierait aussi. Qu’avait-il fait ? Lui avait-il sauvé la vie ? Oui, sans doute. Mais après ? Elle se dit que cet amour-là ressemblait à ce jour d’aujourd’hui. Ce jour d’averse. Si on regardait intensément, cette pluie dessinait des barreaux devant soi. Elle cherchait à ouvrir la porte qui la libèrerait de cette prison figurative. Elle ouvrit la porte vitrée qui donnait sur le jardin. Il fallait vivre à fond cette danse d’éléments devant elle. Devant, c’était trop extérieur encore. Il fallait expérimenter de nouveaux adverbes : dessus, dedans, dehors… Elle s’engagea dans le jardinet. Mon amour est-il mort ? Songea-t-elle. Vivre, sentir, expérimenter de nouvelles choses, c’est-à-dire changer l’angle d’attaque. En une seconde, elle fut trempée, jusqu’aux os. « La pluie me lave. Je n’ai pas froid. J’ai besoin de cette eau pour purifier mon âme. J’ai joué, j’ai perdu. C’est la loi. Maintenant, je dois tout reprendre autrement ». Elle s’entendit prononcer ces mots. Ils s’échappaient de ses lèvres tels un déluge de douceur. Elle alla jusqu’au saule pleureur. L’arbre l’abrita. Ses branches compassionnelles baignées de larmes lui offrirent un refuge valable, mais Jade était trempée de toute façon. Les oiseaux aussi s’abritaient de la pluie. Il y avait des colibris, des passereaux, et même une mésange bleue. Jade était tellement sous le charme de ces eaux diluviennes qu’elle n’eût pas été surprise de voir jaillir un léopard hors des fourrés. Elle sourit à cette idée saugrenue. Non, se dit-elle, la vie-léopard n’est pas pour aujourd’hui. Demain, quand le soleil reviendra, je ferai un Tout d’un Rien, et mon amour renaîtra. En un autre animal. Le plus sauvage de tous les animaux. La pluie aura cessé. Il fera beau.

Jeanne dans ”Le cassé” (ph. Patrick Libéreau/jm)




Chat-Chien-Chaleur-Vie

Par Jeanne Morisseau

Le jeudi 19 février 2009

Sainte Anne, atelier d’ergothérapie de Laurène et Gwenaëlle, Paris

Ce jour-là, il pleuvait des chats et des chiens. Elle se dit que le printemps tardait vraiment à venir. Pourtant, hier, il faisait beau, c’est-à-dire que le ciel était d’un bleu azur, que le soleil inondait la ville et le petit jardin de ses rayons d’or. Un peu de chaleur ! s’était-elle dit. Enfin, oui, de la chaleur s’était répandue. C’était ainsi qu’elle envisageait sa nouvelle vie. Il y aurait de la lumière. Elle se moquerait bien du doute qui mettait des nuages partout. Il y aurait de la chaleur. Cela contrasterait avec la froideur de l’hiver. Il y aurait du bleu, et non plus tous ces gris qui plombaient le moral. Enfin, elle repartirait d’un nouveau pied. Plus rien n’entraverait son élan de vie. Et son amour Fou ? Elle l’oublierait aussi. Qu’avait-il fait ? Lui avait-il sauvé la vie ? Oui, sans doute. Mais après ? Elle se dit que cet amour-là ressemblait à ce jour d’aujourd’hui. Ce jour d’averse. Si on regardait intensément, cette pluie dessinait des barreaux devant soi. Elle cherchait à ouvrir la porte qui la libèrerait de cette prison figurative. Elle ouvrit la porte vitrée qui donnait sur le jardin. Il fallait vivre à fond cette danse d’éléments devant elle. Devant, c’était trop extérieur encore. Il fallait expérimenter de nouveaux adverbes : dessus, dedans, dehors… Elle s’engagea dans le jardinet. Mon amour est-il mort ? Songea-t-elle. Vivre, sentir, expérimenter de nouvelles choses, c’est-à-dire changer l’angle d’attaque. En une seconde, elle fut trempée, jusqu’aux os. « La pluie me lave. Je n’ai pas froid. J’ai besoin de cette eau pour purifier mon âme. J’ai joué, j’ai perdu. C’est la loi. Maintenant, je dois tout reprendre autrement ». Elle s’entendit prononcer ces mots. Ils s’échappaient de ses lèvres tels un déluge de douceur. Elle alla jusqu’au saule pleureur. L’arbre l’abrita. Ses branches compassionnelles baignées de larmes lui offrirent un refuge valable, mais Jade était trempée de toute façon. Les oiseaux aussi s’abritaient de la pluie. Il y avait des colibris, des passereaux, et même une mésange bleue. Jade était tellement sous le charme de ces eaux diluviennes qu’elle n’eût pas été surprise de voir jaillir un léopard hors des fourrés. Elle sourit à cette idée saugrenue. Non, se dit-elle, la vie-léopard n’est pas pour aujourd’hui. Demain, quand le soleil reviendra, je ferai un Tout d’un Rien, et mon amour renaîtra. En un autre animal. Le plus sauvage de tous les animaux. La pluie aura cessé. Il fera beau.


“Sainte Anne” (ph. jm)

“Sainte Anne” (ph. jm)


Jan 26
Hélène Grimaud en Ravel à la Cité de la musique

Hélène Grimaud en Ravel à la Cité de la musique


Vladimir Jurowski, chef d’orchestre charismatique

Vladimir Jurowski, chef d’orchestre charismatique


Philippe Engel, pianiste et élève de Jean-Marc Luisada

Philippe Engel, pianiste et élève de Jean-Marc Luisada


Page 1 of 4